MONOGRAPHIE d'une FAMILLE d'IMMIGRES

Ma photo
"Taflatche" est un blog-notes dont le texte est en mutation permanente
////<:>////ALBUM PHOTOS DE FAMILLE ////<:>//// La mise en ligne de la photographie de ces gens vise à les faire voyager dans le présent. Votre visite va les soustraire à la position horizontale des albums de l'oubli ou de la pierre tombale où ils étaient allongés, pour les restituer à la verticalité de la mémoire... ////<:>//// 20 ans après avoir quitté le Togo, voici des réflexions et commentaires d'un immigré LAMBDA qui découvre les images de sa famille. Il mélange des photos d'époque avec des images plus récentes souvent floues ou des photos râtées qui n'en sont pas moins éloquentes.////<:>//// "Taflatche" signifie en mina littéraire " sauf votre respect", car on y découvre une afrique intime : une vision complémentaire car en léger décalage avec les réprésentations auxquelles les journaux télévisés de 20 heures nous ont habitué.////<:>//// Consultation du bas vers le haut recommandée. Pour agrandir les images, cliquez dessus ////<:>//// Ecrivez à: taflatche@gmail.com////<:>////Lisez "Avertissement" dans profil complet.////<:>////
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Voici le père des deux amazones qui m'entouraient


Monsieur Gaëtan d'Almeida, qui ne s'effacera jamais de ma mémoire est le père de Sylviane et Kokoé. En CM1 et CM2, c'était dans sa voiture que je me rendais à l'école de la Marina en compagnie de ses deux filles. J'étais sur la banquette arrière, assis au milieu des deux. En racontant cela aujourd'hui, vous pourriez croire que je fais le fier. Pas du tout, j'étais frustré, car figurez vous que lorsqu'on est enfant, les places les plus prisées dans une voiture sont celles qui se situent à côté de la fenêtre donnant accès directement au contrôle des portières.









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Ecce Homo


Hey les enfants *, c'est à vous que je m'adresse ! Si un jour, je devais mourir -ce qui a de fortes chances de se produire, alors qu'on y pense guère - sachez que j'ai déjà préparé mes derniers mots. Mais il se pourrait toutefois que je perde mon sang froid ; alors tâchez de me rappeler cette phrase si je venais à l'oublier au moment fatidique : " Voici comme un homme meurt ! Démonstration : ... "








* Ici avec les enfants de Sylviane, Kokoé et Toutou (la dernière des 3 soeurs)






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Pas de travail sur la mémoire sans une certaine dose d'humilité



" Vraiment fantastique ce blog !* Les inexactitudes le rendent encore plus marrant. Par exemple la tante Enuati s'appelle en réalité Ayenuati Sébastiana (ce qui explique le fait que certains l'appellaient Da Séba.) Du coup, ta traduction de son prénom péda** m'a bien fait rire. Elle était une chouette femme et l'originalité du tissu qu'elle portait sur la photo est à relier au fait qu'elle était elle-même revendeuse de pagnes. :-)) " ***







*Réaction de Louisette G., une cousine, par rapport au message : " Que mettait elle dans ses sauces ?" ( Cliquez sur le libellé : branche maternelle ) - ** Péda = ethnie d'origine de ma famille maternelle - *** Merci pour cette précision Fifi ! Et toujours rien sur ce qu'elle mettait dans ses sauces ?



Tassi Madjé*



Quand je la regarde dans les yeux, je me sens bien comme si elle était là en face de moi. Peut-on continuer à communiquer toute son affection à une personne, une fois que l'on est soi-même, dans l'au-delà ?



*Photo de jeunesse de Tassi Madjé. "Madjé", le prénom de cette tante, signifie en mina "dans la grâce divine "






















"PS : pour la chemise, je préfère celle de ton père. Le motif est plus joli." *


* Réaction de Anne L, une amie, au message " une famille africaine, le remix " ( pour voir cliquez sur le libellé "moi" )

Les langues se délient

A voir le nombre de photos qu'il avait râtées ou mal cadrées ( tout en ayant la bonne idée de les conserver ), je savais déjà que mon père était un émotif, malgré les airs qu'il prenait... Aujourd'hui un nouveau témoignage me le confirme. Je crois qu'avec ce blog, j'arriverai peu à peu à le cerner de fond en comble :


"Ton blog est très intéressant. Je me suis imprégnée de ma nouvelle famille. N’ayant pas beaucoup côtoyé Papa ; j’ai appris bien de chose sur lui. Le meilleur souvenir que j’ai de lui est celui de la première fois ou il m’avait vue avec José. C’était à un mariage. Il était assis un peu devant nous avec Maman à l’Eglise, ils se retournaient de temps en temps pour nous regarder. A la fin de la messe quand José me présentait, il était tellement heureux qu’il avait failli laisser tomber sa canne."*



* message envoyé par Charlotte A., l'épouse de Marie-José S.

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Appel de la poussière






"Fils, puisque tu nous aimes tant,
toi qui nous découvres à peine,
pourquoi ne pas venir nous tenir compagnie ?
Est-il raisonnable pour un humain
de ne pas aimer la poussière ?
Alors viens, viens vite !
Pas la peine de se coiffer, viens comme tu es ...
N'attends pas. N'apporte rien...
Nous avons ici ce qu'il te faut : un peigne !
Fils, que te faudrait-il de plus ?
Tu nous aimes tant, n'est-ce pas ? hein...!?
Alors viens !"









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Pourquoi ne suis-je pas bègue ?

Que de la parlote tout çà ! Il y a mieux à faire... Toujours est-il que la bouche de ma mère a été faite pour parler ; du franc parler, elle en a. Une qualité que l'on retrouve chez moi sous la forme d'un défaut puisque contrairement à elle, cela ne m'attire que des ennuis ; ce qui peut -être une qualité chez l'un, peut être un défaut chez l'autre, le contexte n'étant pas le même... (Et oui, c'est comme cela ; ne croyez pas aux tests de personnalité de Biba et consorts.)
Il n'y a guère que l'amour qui puisse me rendre bègue, incapable de dire les choses librement...

Ayant compris cela, seulement à 35 ans passés et étant dans l'impossibilité de donner aux muscles de mon visage l'expression de soumission qui sied à mon statut d'étranger, j'ai décidé de dire dès que je l'ouvre : "Taflatche", eu égards aux désagréments que mes propos pourrait causer, indépendamment de ma volonté ...























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"First contact"

Une photo de photo prise avec un flash - ce qui n'est très adroit de ma part - Cela donne l'impression d'une lumière qui cache sa main gauche. Curieux, n'est-ce pas, une lumière qui cache au lieu de donner à voir ?... Je me demande dans quelle mesure, cette maladresse ne révèle pas le rapport classique entre colons et colonisés.

Hilla Conjdi est le fief d'origine par excellence, mais il n'y a plus grand monde dans ma famille qui y vit. Parce qu'il est situé au niveau de la frontière Togo-Benin, tous les membres de ma famille peuvent prétendre à la double nationalité ! Par exemple pour éradiquer ma famille, il faut commencer par là ; sinon, il y aura toujours quelqu'un qui viendra dire... je suis "le dernier des Mohicans", vous voyez ce que je veux dire ?

Cet homme est sans doute un aventurier ou un commerçant allemand. Sa photo trône parmi les photos de mes ancêtres dans le salon principal de la maison mère de ma famille à Hilla Condji. J'ignore le rôle qu'il a joué précisément. Sans doute un rôle particulièrement positif pour qu'il soit encore là parmi eux. Un service rendu à mes ancêtres? Lequel ? Je l'ignore encore, mais certainement qu'avec ce blog, l'un des aînés de la famille va bientôt réagir pour apporter une explication à cette présence. Et oui, contrairement à ce qu'on imagine, la transmission orale ne marche pas tout seul... ( comme le code civil, il lui faut toujours quelques stimuli pour une mise en pratique).






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Ici la mort ne fait pas peur



Visiblement, ces gens ne se laissent pas défigurer par les funérailles d'une personne chère. Pas de mimique du visage ni de faux semblant. Il y en a même qui sourit à la caméra. ( cliquez pour scruter ces visages de prêt) Est-ce un sens inné de la photogénie ou seraient-ils plutôt particulièrement doués que d'autres face à la mort ?








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Dulce in fundo


Ci-dessus mon grand-père de face au premier plan, costume et cravate noirs avec Tassi Madjé ( ma préférée de tous les membres de ma famille paternelle, toutes personnes vivantes ou mortes confondues) et ci-dessous au premier plan mon oncle Clifford, jeune, avec les lunettes ( pas celui qui a les mains croisées, mais l'autre) ; il se peut que nous soyons là à l'enterrement de sa mère, la seconde épouse de mon grand-père, une femme de teint clair qui était mulâtresse germano-togolaise. Enterrement de qui ? Informations à confirmer...







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La faute à Pas-de-chance !

Être policier durant l'époque coloniale signifie avoir servi sous les ordres français. Oh non! Oulala, rassurez-vous, je ne parle pas d'un ancien combattant ; mon père était trop jeune pour avoir eu à servir sous le drapeau français pendant les Grandes Guerres ; donc pas de risque de réclamation d'une pension non versée ni de quoi que ce soit de cet ordre de ma part. Hors sujet !

Ces histoires de revendications n'ont rien a voir avec l'évocation de la mémoire telle que je l'entends ici dans un but plutôt "curatif" ou familial... Voyez-vous ce que je veux dire ? On ne rentre pas dans la police par hasard et on ne la quitte pas non plus par hasard. C'est vrai que mon père a dû quitter la police peu avant les indépendances. Faut dire que mon grand père était indépendantiste, cutard*, ce qui n'a pas empêché son fils de rentrer dans la police à cette époque charnière de l'histoire de l'Afrique... L'attrait de l'uniforme ? C'est vrai aussi que peu avant les indépendances, la police ne devait pas être très tendre avec la population locale lors des émeutes qu'il y a dû avoir. Cela se comprend! Mais là encore, c'est une histoire qui ne me regarde pas.

Je parle ici juste d'un jeune homme qui voulait être policier et qui ne l'est pas resté toute sa vie. Et je ne sais pas bien pourquoi au juste. A peine sa carrière était elle entamée qu'il a dû plier bagage. Et pourtant, il semblait tout à fait heureux à côté de ces instructeurs de l'époque comme on le voit sur des photos. Que s'est-il passé au juste? Aurait-il été limogé ou serait-il parti de son plein gré ? S'était-il senti blessé toute sa vie à cause de cette rupture qui a dû être brutale ? Il en a à peine parlé : zone d'ombre! Tout cela finira bien par se savoir un jour... Papa, juste une chose : saches que celui qui trébuche sait se rattraper au pas de course, mais ne doit jamais, au grand jamais se laisser tomber par terre.


*le CUT était un parti indépendantiste au Togo. Le Togo était une colonie allemande placée sous mandat français après la défaite de 1918. En fait le Togo était devenu français en même temps que l'Alsace-Lorraine. Mais c'est absolument sans importance...




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Police française coloniale












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Je souris donc je suis

Relégué dans un coin de la table, il n'est visiblement pas la star, mais ses dents sont au centre de la photo. Ici mon père ( cliquez pour agrandir), lors d'une réception, sans doute pas avec des amis, mais à mon avis, plutôt en compagnie des chefs de la police coloniale, ses supérieurs hiérarchiques.
















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L'uniforme



Ici une photo de mon père élève officier entouré de deux amis. Je ne m'explique pas encore la pose : pourquoi les jambes étaient-elles repliées ainsi ? Je mènerai une enquête dont je vous tiendrai au courant plus tard. Lui même a été enquêteur dans la police avant son retour à la vie civile.






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"L'essentiel est invisible pour les yeux*"

Ce blog fait l'éloge des photos floues ou ratées.

Dans la mesure où elles relèvent réellement d'un acte involontaire et non recherché, elles disent hypso facto, mais seulement dans ce cas là, le vrai : que ce qui s'est véritablement passé précisément à l'instant "t" de la prise de vue. Je les place par conséquent au dessus des ultimes aveux, fussent-ils d'un honnête homme.










* Antoine de St-Exupery







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Une famile africaine : le remix






Il se trouve que la photo la plus parlante de ma famille soit une photo ratée. Ici mes parents avec les aînés, Momo et Gustave. Et ci-dessous un remake tout à fait fortuit, avec ma mère et moi lors de mon récent séjour en Afrique. A l'époque, mon père a dû cadrer sur ma mère, poser l'appareil et ensuite aller se planter à côté d'elle ; mais il avait mal calculer son coup. D'où la tête coupée qui en fait une photo très réussie à mon avis. Avec le visage coupé, les yeux se focalisent sur le vêtement. Vous remarquerez la différence entre les motifs du tissu que portait mon père et ceux du tissu que je porte ; ce qui donne un assez bon résumé de ce qui nous différencie lui et moi !







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Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous

Ma mère, ici dans sa jeunesse, a aujourd'hui 70 ans passés et un début d'Alzheimer. Mais au fur et à mesure qu'elle perd la mémoire, je retrouve la mienne.

Depuis quelques temps, j'entends les gens s'apitoyer sur son sort. ( Les gens aiment s'apitoyer sur le sort des autres!) Elle raconterait n'importe quoi, disent-ils. Même moi, j'ai été tenté de le croire puisque je rentre de là-bas et j'ai mis beaucoup de propos qu'elle tenait sur le compte de sa maladie. Il faut dire que quelquefois, en l'écoutant, j'ai eu l'impression de lire Nijinski. En fait, on peut rarement percevoir la maladie chez elle, puisque les conversations se passent normalement. Elle ne se lève pas tous les matins pour me demander qui je suis - chose que je croyais avant mon départ avec tout ce que les braves gens me racontaient sur elle.

C'est seulement lorsqu'on ne lui demande rien et qu'elle se met à raconter, raconter et raconter encore que se produisent de légers bogues. Et ce, de la manière suivante : par exemple à un moment, le flot de ses paroles ricochent contre un mot et tout d'un coup, après une petite pause, ses propos changent de teneur ; à partir de ce mot, elle embraye sur un autre paragraphe ( pas sur un autre sujet). On dirait presque que le problème ( pour ceux qui l'écoutent, mais pas pour elle) tient beaucoup plus au fait qu'elle ne prend plus la peine de faire les transitions nécessaires qu'à une véritable absence de logique ; malgré ses revirements brusques, le principal sujet restant le même. C'est donc l'articulation des parties du discours qui pose problème. Et pas à toutes les phrases. Mais seulement au niveau de ce qui correspondrait à des fins de paragraphes. En somme quand elle raconte, on dirait le chapitre d'un livre dont les paragraphes seraient éparpillés comme des pièces de puzzle. Pas les phrases encore une fois, mais les paragraphes. Voyez-vous la différence? Je connais beaucoup de personnes, qui parlent à peu près de la même façon - sans se soucier le moins du monde des efforts que l'auditoire devrait faire pour les suivre. Pourquoi ma mère serait elle considérée dans le lot comme l'unique malade, mais pas les autres ? En fait pour la suivre, il faut juste être souple et très ample d'esprit, puisque au final, tout ce qu'elle dit se recoupe.

Et comment !? Moi qui pensais qu'elle inventait, me voilà rentrer en France après avoir scanner les photos de ma famille découvertes récemment là-bas et qu'est-ce que j'y retrouve ? Des détails qui me confirment ses dires... Où commencent les effets de la maladie d'Alzheimer ? Où commence son devoir de mémoire qui consiste effectivement à parler avant de mourir? (Chose que Papa qui est décédé dans la lucidité absolue, n'a pas su se décider à faire) - La ligne de démarcation entre sa maladie et le devoir de mémoire reste à préciser. Elle bouge continuellement, mais cela devient presque un jeu pour moi. En ce sens, je trouve ma mère plus intéressante qu'avant. Et puis entre nous, dites-moi : de toutes les maladies dues à l'âge, franchement si l'on vous demandait de choisir la plus confortable pour vous ( pas pour votre entourage mais pour vous, puisqu'il faut bien un jour commencer par penser à vous-même ), laquelle choisiriez-vous ? Hein!, dites-moi braves gens, n'avez-vous jamais goûté au doux miel de l'oubli ?




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La brochette de baptême



De gauche à droite : l'Oncle Simon ( frère de ma mère), Cécile, Oncle Stéphane ( petit frère de mon père), la belle-mère de mon père, Noël mon père, Nagan Fina (soeur de ma mère et mère de Colette) : Il y avait une telle imbrication des deux familles sur la photo qu'il ne peut s'agir ici que du baptême de l'un de mes frères, mais je ne sais encore précisément lequel. De fortes chances que ce soit Momo, l'aîné. Avez-vous remarqué qu'il suffit de tailler dans l'image pour mieux regarder les détails. plus besoin d'agrandir en cliquant dessus. Mais si vous pouvez aussi cliquer pour bien les dévisager.






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Brain storming*



Deux photos de baptême. Avec quelques années d'intervalle, on n'y voit mon père, Oncle Ohel, Oncle Stéphane, Oncle Cliff et l'oncle Simon à deux reprises et ma mère juste sur l'une des deux. a/ Avez-vous remarqué que les enfants - turbulents en Afrique comme partout dans le monde- ont a peu près tous les bras croisés sur ces photos ? Pourquoi d'après vous? b/ Puisqu'ils ont tous l'air frais sur ces photos, aussi bien adultes que enfants, pensez-vous qu'ils ont déjeuné avant ou après ? ( Cliquez pour voir leur visage de près et vous devinerez les réponses. Ne cédez surtout pas à la première explication simpliste qui vous passe par la tête...)






* brain storming = remue-méninge





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Ach ah bach !*

Michel, mon frère, bla bla bla...
(Il parle peu. C'est l'incarnation du silence de mes parents. Même si je critique le silence dans ce blog, s'agissant de lui, j'en parle au bon sens du terme. Ici, il devait avoir l'âge de... - que je ne dise pas de bêtise, moi qui n'étais pas encore né!)

* C'était une de ses exclamations étranges qui me faisaient drôlement rire et à quoi je répondais, taquin, par "Oh Chab oh!"


















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Les oiseaux




Mariage d'amis des parents. Ils me sont personnellement inconnus. Sans doute au Sénégal. Pas des têtes de Togolais!
Dans le libellé de message "les oiseaux", je mets en lignes des images de personnes illustrant l'entourage de mes parents. Je leur permets ainsi grâce à Internet de voler, voler partout dans le monde, où leur esprit saura les porter...
Vous pouvez parcourir ce blog aussi par les libellés. Ce qui permet de faire ressortir certaines redondances qui sont parlantes.




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Amphithéâtre


Cécile au deuxième rang, deuxième à partir de la gauche. Sans doute à Dakar où l'on trouvait à l'époque les premières infrastructures de formation universitaire en Afrique occidentale.




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Et pourtant Grand père était commerçant


Je vois beaucoup de personnes qui ignorent comment valoriser leurs talents. Chez eux, se vendre n'est pas inné. Ils ont beau se démener, le sens du business ne s'improvise pas. Les réflexes du métiers ne sont pas là. Peu importe la qualité du produit ou du service que tu veux vendre, il faut savoir y faire. Or ils ne savent pas. Je suis exactement comme eux. Et pourtant grand-papa était commerçant. Déjà à l'époque de la colonisation allemande au Togo, il pratiquait le négoce. Il en est de même pour le grand-père maternel aussi. Mais voilà : mes parents, quant à eux sont devenus des fonctionnaires. L'idéal aux temps coloniaux, c'était des gens compétents, hyper compétents, mais qui devaient prendre le moins souvent possible des initiatives - ce qui est le quotidien d'un homme d'affaire, petit ou grand, voire d'un artiste...
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Ecole de commerce ? Non-non, là, ils forment des "fonctionnaires du privé", mais pas des initiateurs de projets. Pas des gens qui font des paris sur la vie. Faut dire qu'être fonctionnaire, ce n'était pas rien. Et c'est très coté encore aujourd'hui. Les fonctionnaires font souvent des enfants qui deviennent à leur tour des fonctionnaires. C'est bien connu. Tant que les enfants veulent faire un métier plus tard qui correspond de prêt ou de loin à celui de leurs ascendants, tout va bien dans le meilleur des mondes, car ils ont sans doute reçu l'éducation qui va avec. Ainsi un fonctionnaire de la police ou un enseignant peut faire un médecin qui travaillera à l'hôpital, mais rarement un avocat qui se mettra à son compte au tout début de sa carrière, pourtant ce sont là deux métiers de même niveau social sur la plan de la notoriété. La distinction que je fais entre "les métiers d'entreprise" et "les métiers du fonctionnariat" est très subtile ; il ne s'agit pas de dire que l'un est mieux que l'autre, mais de souligner que les reflexes qu'ils occasionnent sont différents. C'est pour en venir à ceci que : étant donné que notre éducation nous prépare à la vie, vaut mieux avoir des envies professionnelles proches de ceux des parents. Vous voyez ce que je veux dire? C'est pourtant logique : changer de milieu social sur le plan professionnel est si périlleux que même les enfants de stars préfèrent devenir des stars plutôt que de devoir choisir la voie qui leur plaît. Bien sûr, ils déclarent dans les interviews qu'ils ont toujours voulu faire comme Papa ou Maman, mais ce n'est pas ce qu'ils disent aux Psy.
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Souvent les parents donnent à leurs enfants "la meilleure éducation" qui soit, entendez par là, la seule dont ils disposent. Et ce en toute ignorance des perspectives professionnelles ou des aptitudes spécifiques de leurs enfants. C'est pour cela que l'enfant qui décide un jour de faire ce qui lui plaît dans la vie comme métier le paie au prix fort quand les parents n'ont pas au préalable, débroussailler le terrain. Mais au bout du tunnel, la lumière...
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Quatuor


Ma mère dont je trouve ici le sourire fort coquin ; derrière elle mon père, fort jeune ; à droite de mon père, l'oncle Valentin, frère de ma mère, fort sympa ; à gauche l'Oncle Richard ( et oui, que j'aurais aimé fort riche ! )
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Quel parcours incroyable !


Papa n'étant plus là pour en être jaloux, je fais un recadrage sur Tonton Richard et Maman, son égérie ! ( Voir message antérieur pour comprendre cette allusion) D'ailleurs l'Oncle Richard étant lui aussi déjà décédé, s'ils devaient se bagarrer tous les deux pour elle, qu'ils le fassent donc là-bas.
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L'Oncle Richard, cousin de ma mère a eu un parcours très étonnant. Il était poète, écrivain, a été doyen de la faculté de psychologie ( d'une université béninoise) et un certain temps directeur du cabinet d'un ministre de la culture et de l'éducation, sans oublier sa fonction de représentant des Nations Unis dans certains pays africains. Parcours brillant certes, mais ce n'est pas exactement sur cela que je voulais attirer votre attention. C'est sur son pantalon! Regardez bien ( voir message suivant) : on dirait quelqu'un qui débarque de la campagne. En fait, jusqu'à l'âge de 11 ans, il vivait dans un village aux côtés de sa mère qui ne voulait pas le scolariser. Par conséquent, il n'a connu l'école que très tardivement. Et pourtant ! Voilà en quoi son parcours m'épate.
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Il a terminé sa vie entre ses livres, faramineuse bibliothèque et sa guitare.
Il ne s'est pas moqué de moi quand je lui avais dit enfant que je voulais devenir journaliste, comme je le disais à l'époque. Je le vois encore quand il nous rendait visite, avec sa démarche assez étrange : il levait le genou comme quelqu'un qui marchait dans la gadoue. C'était un personnage qui était intéressant en ce sens qu'il ne faisait pas semblant d'être un adulte. Il lui suffisait d'être lui-même. Être un adulte, oui ; faire semblant, non ! Voyez-vous la nuance ?
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Mon coiffeur n'en fait qu'à sa tête

Qu'il est agréable de donner des conseils aux autres !

Peu de temps avant mon départ en Afrique, me voici ici sous un ciel de France, quelque part en province, avec ce début de Rasta poussant sur ma tête en jachère. J'ai voulu les faire couper avant de rentrer, car cette coiffure ne correspondait pas chez moi à une forme de manifestation identitaire. C'était juste un concours de circonstances qui a duré trois mois. Il eut donc été inopportun que je revienne en Afrique ainsi après 10 années d'absence, les laissant croire que j'étais devenu un Rastaman, ce qui les aurait induit en erreur à mon sujet. Mais pris par le temps et passablement stressé par les grèves dans les transports en commun parisien quelques jours avant mon départ, j'ai décidé de rentrer avec ces cheveux sur ma tête.

Avec ma mère, cela s'est très bien passé puisqu'elle m'a dit : qu'est-ce que c'est que ce Rasta que tu as sur la tête ?" A quoi, je lui ai répondu par " Où veux-tu que ce soit d'autre que sur ma tête, ailleurs ?" Ce furent nos premiers mots échangés. Et dès lors tout se passa bien. Je ne vous cacherai pas que j'appréhendais un peu ce moment et qu'avant de descendre la saluer au matin, puisque j'étais arrivé dans la nuit, j'avais tourné en rond un moment dans ma chambre. Mon sens de la repartie que je tenais d'elle l'a semble t-il, rassuré sur moi. Je n'ai même pas eu besoin de lui expliquer que je comptais les couper dans la journée. Elle ne fut pas la seule à me dispenser d'explication sur le sujet. La confiance était là.

En revanche pour d'autres, l'occasion était très belle pour me faire la morale. Tous les fantasmes anti-rasta étaient égrainés pour me dissuader de poursuivre dans cette voie perrilleuse. A commencer par mon coiffeur Bozambo, qu'il s'appelle... - celui de mon enfance, qui n'en faisait qu'à sa tête au point qu'à l'époque j'avais fini par le boycotter. Rien n'a faire, l'occasion était trop belle pour les calmer. Faut dire que c'est agréable et fort rassurant de donner des leçons de bonnes conduites ; après coup on doit se sentir beaucoup mieux soi-même. Je les ai donc laisser faire sans les rassurer outre mesure sur ce qu'il en était réellement de mes cheveux ! C'était en quelque sorte, "Faites moi des remontrances à volonté, c'est cela le cadeau que je vous fais. "

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Dorothée, Simon & Raphaël




Que des prénoms de la Bible ! Dorothée, cette tante que l'on voit ici, dans sa jeunesse très jolie avec ses nattes sur la tête m'as dit récemment : " Mais comment peux-tu revenir de France sans nous apporter des cadeaux plein les poches ?" - Ma réponse fut : " le cadeau, c'est ma présence ici. " J'ai été moi-même très étonné par l'efficacité d'une telle réponse qui a souvent marché lors de mon séjour. Elle m'as dit aussi toujours avec beaucoup d'humour : " Mais pourquoi te promènes-tu donc en Batakali, toi qui reviens de France? " Ici, on voit sa tête formée un triangle avec celle de l'oncle Simon, cravate et veste foncées ( juste en dessous d'elle légèrement sur sa droite) frère de ma mère et l'oncle Raphaël, tête coupée juste au niveau du noeud de sa carvate et dont on ne voit ici que le visage (en dessous du cadre). Une photo qui date de la fin des années 50. Mes parents n'y figurent pas. Peut-être se trouvaient-ils déjà à ce moment là à l'étranger ?
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Batakali (ou Afrique mode d'emploi)

Lors de mon récent voyage en Afrique, un vieil ami qui a fait lui aussi des études supérieures en France, mais qui est très tôt retourné s'installer à Lomé au Togo m'as dit la chose suivante ; en substance : "en France, les africains sont désespérément des africains ; tandis que lorsqu'ils arrivent en Afrique, ils deviennent enfin des européens. Mais curieusement pour toi, c'est le contraire, a t-il ajouté en parlant de moi."

En effet, les africains qui retournent là-bas en vacances font tout pour montrer qu'ils ne sont pas n'importe qui. Mais, moi je faisais le contraire, à commencer par mon comportement vestimentaire : j'étais habillé en tenue locale, plus que locale, voire traditionnelle. Je n'avais jamais vu ni mon père ni aucun autre membre de ma famille proche s'habiller de la sorte. Au point qu'en allant dans la société de l'ami en question -devenu PDG de sa propre entreprise qui fournit l'ADSL sur place- on me faisait asseoir d'abord dans la salle d'attente parce je n'étais pas habillé à l'occidental comme le sont même les africains qui ont toujours vécu là-bas. J'ai même cru qu'il s'agissait d'un contrôle d'identité avant que ma visite ne soit annoncée. Quel paradoxe, n'est-ce pas?

En fait, mon accoutrement était stratégique. Peut-être pas dans ce type d'entreprise, mais ainsi fringué, je ne me faisais pas avoir par les petits commerçants, ni les taxi, comme les touristes, ou les africains qui jouent au Toubab. En fait, les gens sentaient bien que je n'étais pas du pays, mais il ne savaient pas précisément d'où je revenais. Leur doute était ma principale force. Cela pouvait être aussi bien de l'Europe que d'un autre pays africain. Par conséquent, les commerçants évitaient de me réclamer des prix exorbitants. Je n'avais même pas besoin de négocier outre mesure mes achats... juste parce que j'étais en "tenue de camouflage".






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"Ish bin ein Bearliner"*

Berlin est une ville qui me fascine depuis de nombreuses années. Bien que j'y sois allé, j'ignore au juste pour quelle raison, je m'y sens si bien. Je peux passer plusieurs heures dans des lieux comme Alexanderplatz sans savoir exactement pourquoi. A l'occasion d'un récent voyage effectué en Afrique au Togo que j'ai quitté depuis une 20taine d'années, j'ai réalisé qu'il y avait une première similitude entre ma vie et la ville de Berlin.

Car Berlin, c'est une ville dans laquelle vivaient des jeunes gens pendant de nombreuses années, une ville assez vaste que ces habitants croyaient parfaitement connaître. Puis un jour, le mur est tombé et voilà que de part et d'autre, l'on découvre que la ville est encore plus vaste et que l'on n'avait découvert qu'une moitié des choses. C'est un peu ce qui s'est passé lors de ce voyage en Afrique ; je découvre à travers des photos que je n'avais jamais vues, ma vie et celle de mes parents, que je reconnais à peine, que je comprends du coup mieux et de là, moi-même. Alors que jusqu'ici le croyais avoir fait le tour de la question, je réalise qu'en fait non. Oh que nenni!

A 35 ans passés, après des études universitaires poussées et un parcours professionnel en dents de scie avec des hauts éclatants et des bas plutôt inquiétants ( et je précise : une scie en forme de disque), je donne l'impression de me chercher encore. Mais qui cherche trouve ! Un pan entier de ma mémoire familiale est au grand jour. Certes, la scie sert à couper du bois avec lequel l'on peut construire, mais que pouvais-je construire avant une telle découverte ? Une existence gadget ? Construire sur des certitudes de pacotille ? Absolument rien qui pouvait vraiment tenir debout comme je l'entends. Car ce que je m'en vais construire, je voudrais que même posé sur un sol dur, les racines soient telles qu' il n'en soit pas moins directement relié au ventre de la terre. Voyez-vous ce que je veux dire ?
hum!...


* Phonétiquement, "Ich bin ein Berliner", phrase prononcée par Kennedy en face du mur de Berlin. Voilà ce qui était écrit exactement sur son papier. Malgré cela, l'histoire retiendra qu'il avait un très mauvais accent allemand.






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Que cuisinait-elle à ses enfants ?

Cette petite dame que vous voyez là au premier plan avec ce pagne (qui vue d'ici ressemblerait plutôt à une nappe de table), figurez qu'elle a donné naissance qu'à des génies. Grande soeur de ma mère, on l'appelait Enuati ( orthographe non garantie). En traduction littérale : "l'arbre de la chose". J'ignore ce qu'elle mettait dans ses sauces, mais elles a trois garçons qui sont des pointures dans leurs domaines respectifs. l'un doyen d'une faculté des lettres, le deuxième, doyen d'une faculté des sciences et un troisième DG d'une banque centrale. Que des postes à compétences réelles face auxquels le favoritisme étatique courant sous nos tropiques trouve ses limites. Enfant, j'ai passé mes vacances d'été quelquefois chez elle, mais sans doute pas assez longtemps pour être aussi intelligent que ses enfants, qui étaient alors beaucoup plus âgés que moi. Le Wax hollandais étant le type de tissu couramment porté par les femmes en Afrique, je dirais que le choix de ce tissu à carreaux devait être une forme d'originalité de sa part. Même si le résultat n'est pas terrible, quelle ouverture d'esprit toute de même, d'oser mettre ce que personne ne porte !


A côté d'elle, Tante Esther, la femme de l'oncle Joel, une femme d'une gentillesse telle que, rien que le timbre de sa voix en disait suffisamment pour s'en apercevoir.

Derrière ces deux femmes, la tête du docteur Mikem émerge ; avec celle de sa femme à côté de la tienne. Deux personnages taillés dans du roc que je connaissais bien, étant voisins, vivant à Cébévito comme nous.









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Le Grand Oncle de tous les temps


Son excellence Tonton Joel.
Frère aîné de ma mère. C'était le guide, du côté de la famille maternelle. La référence au delà de laquelle, il y avait Dieu. Il était médecin généraliste. Mes fesses connaissent bien ses grosses aiguilles qu'il a bien trop souvent fourré dedans en deux temps trois mouvements, l'air de rien et la piqûre était faite. Ce n'était qu'après coup qu'en boitant un peu que je réalisais que j'avais été piqué. Encore aujourd'hui, l'odeur de l'hôpital, c'est lui. Je tenais tout particulièrement à ne pas lui montrer qu'il me faisait mal lorsqu'il piquait. Devant lui, il fallait être un homme. Et j'y arrivais. Il y a la détermination de certaines personnes qui vous irradie rien qu'en les côtoyant. C'était un homme qui savait prendre des décisions, ce qui n'était pas tout à fait le point fort de mon père qui, lui, savait apaiser. La symbiose des deux auraient formé un homme idéal. Deux hommes aux tempéraments fort différents qui se respectaient beaucoup, à mon avis. Ici, on le voit au mariage de l'oncle Robert, autre frère de ma mère.




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Il était une fois dans cette cour...

La maison de Tonton Joel : le rez-de-chaussée où il habitait est maintenant vide. Au cas où les morts continueraient d'habiter chez eux, il ne risque pas d'être dérangé dans son salon. Son fils Guy, mon cousin qui habite au premier étage y veille.











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Le goût des autres

Savez-vous pourquoi les gens préfèrent "vivre" les histoires sans intérêt des peoples ou des personnalités célèbres...? Ce qui est certain, ce n'est pas parce qu'ils aiment les peoples en tant que tels ; c'est parce qu'ils aiment qu'on leur raconte des histoires . Mais pourquoi pas pour la leur, mais un tel engouement pour celles des autres ? Je découvre seulement aujourd'hui, à travers ces photos, le lieu où mes parents se sont mariés dans les années 50 alors que je suis incollable sur l'endroit où Lady Diana a trouvé la mort et si elle avait ou non un bébé dans le ventre. Etait-ce donc plus important comme information pour mon épanouissement personnel ?

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une copine de ma mère

Pourquoi sur une photo d'époque avec des personnes inconnues, il s'en trouve parfois une que vous auriez aimé connaître personnellement ?

N'avez vous jamais ce rapport avec les images quelquefois ? Ici, une copine de ma mère au mariage de mes parents -celle du milieu- me donne cette sensation. Certainement une sénégalaise et peut-être encore en vie... Et j'ignore totalement pourquoi je la sors du lot : son sourire penché, sa robe ou le tissu, sa taille, sa coiffure, son élégance, sa poitrine, quoi ? Toujours est-il qu'elle n'est pas la seule à être jolie sur cette image, donc je ne peux pas me rabattre sur une explication aussi simple. Alors pourquoi n'hésiterais-je pas une seconde si un magicien me demandait avec laquelle d'entre elles ... j'aurais voulu danser au mariage de mes parents ?














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Où cela peut-il être ?










Royal Air Maroc. Casablanca-Lomé, vol de nuit 22 novembre 2007 : du hublot (imaginez le cadre), j'ai vu cette image, mais je n'avais pas d'appareil photo. J'ignore où cela pouvait être. Fasciné par cette vision, j'ai oublié de regarder le moniteur affichant la zone que l'avion était en train de survoler. Je suis resté scotché jusqu'à ce que l'image disparaisse. j'en ai vu d'autres qui étaient semblables à celle-ci, mais c'est la seule dont j'ai gardé un souvenir assez fidèle... dans l'espoir que peut-être un jour...
Chiche que je ne retrouverai jamais ce lieu, hein!? Même en cherchant toute ma vie...




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je danse donc je suis

Enfants, nous l'avions toujours appelé Tonton Stani. Diminutif de Stanislas ? Il m'est impossible de donner ma main à couper. Il était banquier. Quelle fonction précisément? Je l'ignore aussi. Est-ce bien lui jeune sur cette photo ? Ne sais pas.
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Ce soir, je danse dans le brouillard, mais ce n'est pas si grave, car tous les savants et philosophes qui se sont acharnés sur la question se sont cassés la dent avant moi. Tout ce que je peux dire, c'est que l'identité est dans le mouvement. On saurait la définir, qu'à la fin de la définition, elle serait déjà ailleurs. Non seulement en mouvement, mais dans le mouvement même. Son véritable support étant le geste et non la pensée. Par conséquent le cogito ergo sum est décalé - voyez vous ce que je veux dire ? ; et ce, pour la simple et bonne raison qu'il est impossible de dire " je suis *" Etant donné que la chose n'est pas figée une fois pour toute, ne vaudrait-il pas mieux apprendre à danser ?



* Certes, il est toujours possible de dire "je suis... le propriétaire de tel ou tel objet ou de telle somme d'argent" et je crains que les véritables motivations de la réflexion identitaire chez les plus grands philosophes comme chez les plus petits d'ailleurs, - une thématique ayant largement justifié des guerres - n'avaient d'autres buts inavoués que des préoccupations d'ordre juridique. En fait, on s'en fout de "ce qu'on est" ; c'est "ce qu'on a" (ou que l'on peut réclamer) qui compte. Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ? Et moi, qui avais pris tout cela au sérieux... pfff!







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Rien de nouveau sous le soleil



Rien qu'à travers ces photos, mais aussi plus généralement, quand on compare l'Afrique d'hier, l'Afrique de mes parents à celui d'aujourd'hui, on s'étonne et on se dit que depuis les indépendances l'Afrique a dû reculer au lieu d'avancer. Je parie qu'il n'en est rien. Que la coexistence de deux mondes diamétralement opposés a toujours existé là-bas. Je l'ai encore vu récemment. La différence, c'est qu'avant, c'était caché mais qu'aujourd'hui, non seulement cela se voit, mais aussi, ces deux mondes s'imbriquent. En somme la colonisation n'aurait servi qu'à poser un rideau entre deux mondes -les coulisses et la scène- une barrière qui a sauté avec les indépendances. De nos jours, ces deux univers tendent à se confondre de plus en plus, comme dans la télé réalité.

En somme, vraiment rien de nouveau sous le soleil : ni le bien-être et le bonheur palpables dans les pays pauvres ( que l'on fait semblant d'ignorer ), ni la pauvreté ou la misère ( dont on préfère parler davantage ) ; de cette dernière, qu'on ne vienne pas s'en étonner aujourd'hui plus qu'hier !




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Deux photos floues



Voici la cour d'un lycée d'enseignement public...




... et ici la cour d'un lycée d'enseignement privé catholique... tous les deux se trouvant à 500 m de distance. Nous sommes à Togoville à l'intérieur du pays dans un village, mais bon!...






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Autre contraste classique dans l'architecture


Coexistance pacifique des riches et des pauvres : les uns construisent et les autres ont des maisons qui se cassent la gueule. Avez-vous remarqué combien cette photo floue restitue admirablement bien la confusion des genres ? Cette fois-ci nous sommes à Lomé, la capitale.





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Savait-il ou non que c'était la dernière ?

Souvent lorsque j'observe sur une tombe la photo de la personne défunte, il me vient à l'idée une question saugrenue : au moment de la prise de vue, peut-on sentir ou non qu'il s'agit là de la photo qui ornera... ?














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Message de Tonton l'autobus aux enfants

Je rentre à peine d'un séjour d'Afrique et je me rends pour la première fois dans une soirée de Noël dans une tour en banlieu parisienne, à Bagneux. Et là, je vois des africaines et des africains danser. Absolument rien à voir avec le paradigme articulatoire que j'ai vu en oeuvre en Afrique : un véritable langage des gestes que je ne peux décrire. Ne dit-on pas que les africains ont tous le rythme dans la peau ? Je réalise que non. Oh que non! Seuls l'ont ceux qui n'ont pas grandi devant la télévision. D'où ce message personnel aux enfants de mes amis qui sont là-bas, à Gerry, Mercedes and Co, Tonton l'autobus dit : faites gaffe à la télé !




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Mes 99%


Quoi qu'on en dise, à 99 pour cent, on reste le sperme de son père et le placenta de sa mère : le fruit de la conjugaison des deux. Mais pour que le fruit soit tout à fait mûr un jour, il nous reste, pour faire la différence, 1 pour cent d'inspiration à trouver nous-même. De préférence, bien avant de tomber de l'arbre de la vie. Par conséquent la sacralisation des parents est à proscrire. Le conflit de génération est un mal nécessaire (tant qu'il n'a pas perdu tout son intérêt.)
Connaître ses parents, c'est s'accepter soi-même. Faire semblant de bien les connaître et s'en contenter, c'est confondre le bout du doigt avec l'étoile qu'il désigne. Or ici, l'étoile en question, c'est soi-même... Voyez-vous ce que je veux dire ?



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Le sourire de l'oncle Ohel

Le nombre de photos de Tonton Ohel que j'ai retrouvées dans les affaires de mon père, son petit frère, dépasse de loin celui de tous les autres oncles réunis. La relation devait être particulière entre ces deux. Plus que de la fraternité, je soupçonne l'affection. Pourtant de leur vivant et durant mon enfance, cela ne m'avait pas paru si évident que cela...

Une différence tout de même entre les deux que je constate sur ces photos : Tonton Ohel souriait avec ses joues tandis que mon père, c'était de toutes ses dents...


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" c'est moi qu'on appelle ? "

Visiblement, Noël a épousé la femme de sa vie. Pour s'en convaincre, cliquez sur l'image pour voir ses dents.

Des gens heureux de vivre. Si je les avais connus ainsi - ne serait-ce que vu ces photos durant mon enfance - pour sûr que je serai retourné plus souvent les voir après mon départ à l'étranger. Deux voyages en 20 ans avec à chaque fois 10 ans d'écart, c'est peu! Même s'ils se sont eux-mêmes déplacés quelques fois en France, c'est vraiment peu. Ils n'avaient qu'à ne pas jouer aux parents avec moi. Mais à eux-mêmes. Ceux qui jouent aux adultes m'ennuient. Je n'y retournais pas car je n'étais pas nostalgique du silence, ni de la distance.

D'un autre côté, aurais-je pu vraiment les apprécier comme c'est le cas aujourd'hui à travers ces photos, si moi-même je n'avais pas d'abord fait une certaine expérience de l'existence... qui me porte à cela ? ... s'il n'y avait pas eu une longue rupture entre eux et moi? Oui, m'est avis qu'il faut cesser d'être soi pour pouvoir le devenir. Peut-être auraient-ils fait tout ce que je leur reproche de ne pas avoir fait, à savoir se montrer à leurs enfants tels qu'ils étaient vraiment au fond d'eux-mêmes, que je n'aurais quand même pas su les apprécier. La sincérité ne suffit pas. Qui sait ?



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Blog intarissable ?

Ici le grand-père avec sa deuxième femme. Et derrière lui l'Oncle Ohel, frère aîné de mon père. Je réalise que grâce au recadrage de l'image, on peut percevoir des détails significatifs sur la famille, donc des informations supplémentaires. Qui étaient pourtant là, mais voilà qu'elles sautent aux yeux après un recadrage. Voir par exemple l'image qui précède issus de la même photo et vous comprendrez ce que je ne vais pas dire ici.




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Un homme fidèle à lui-même

Tonton Simon que vous voyez ici était un homme simple. Frère aîné de mon père, il n'a pas dû faire des études avancées comme les autres fils du grand-père. J'ignore pourquoi je pense cela. J'en sais rien en fait. Contrairement aux autres fils et filles de mon grand-père, il est d'une constitution physique assez frêle. Je ne sais pas pourquoi cette autre différence. Peut-être fut-il un prématuré de naissance, je ne saurai le dire. Faut savoir qu'en Afrique souvent les prématurés ne rattrapent jamais leur retard de croissance physique et demeurent d'une constitution fragile toute leur vie durant. Ce qui est en fait faux dans la réalité, mais qui correspond à une vue de l'esprit dans l'entourage qui les perçoit ainsi. Et si psychologiquement, ils se mettaient à s'adapter à cette vision que l'on a d'eux, vue de l'extérieur, alors... tout est joué d'avance pour eux.

C'était un homme très discret, bienvaillant qui avait toujours le sourire, mais dont je ne savais pas grand chose. Fidèle à lui-même comme dans ces photos, il était toujours un peu sur le côté et presque transparent. Je préciserai qu'il s'agit souvent du côté gauche de l'image... !? En effet, dans les photos de groupe de la famille, on le voit souvent, mais jamais ni au premier plan, ni au milieu de l'image comme l'Oncle Ohel ou mon père. Ici pour qu'il apparaisse au milieu, j'ai dû "charcuter" la photo de départ avec Photoshop pour faire ressortir ce détail. Oui, cet Oncle n'était qu'un détail ! Peut-être pour les autres, mais pas pour moi. Sans avoir parlé avec les gens, on peut quelquefois ressentir l'amitié qu'il y aurait pu y avoir avec eux. Je pense qu'on se serait apprécié Tonton Simon et moi.

Je suis très heureux de le voir ici accoudé entre deux femmes. Ils devaient bien s'entendre avec les femmes. Ce qui me permet de penser qu'il fut un homme heureux. La discrétion et l'intérêt pour les femmes étant une bénédiction divine.



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Le père de Gérard

Pasteur et frère de mon père, autre fils du grand père. Décédé très tôt, je ne l'ai jamais connu. Dès que j'en apprendrai un peu plus sur cet oncle, je reviens compléter sa fiche signalétique - ( de fréquents ajouts ou corrections donneront un caractère évolutif aux textes de ce blog-notes). Pour le moment, je sais juste qu'il a laissé deux enfants en bas âge dont un qui ne l'a jamais vu vivant. Je vous parle plus bas de son fils, le Zémidjan de la famille (ou je vous en avais déjà parlé*).



* Petite précision pour les membres de ma famille et visiteurs de ce blog résidant en Afrique ou ayant peu l'habitude d'un blog : un blog étant antichrologique, ce qui précède est en bas et non en haut, l'idéal, étant d'avoir le choix d'aller librement dans le sens où l'on veut. Si vous êtes beaucoup plus habitué au fonctionnement de ce média que je ne le pense, alors pardon, je retire cette précision qui devient inutile pour certains d'entre vous.


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L'iceberg

Cette photo est en fait une carte postale. En regardant au verso, c'était la surprise. Bon, en même temps, c'est pas terrible comme carte postale quand on ne sait qui est là-dessus....
C'est Noël, sur cette photo. Pas le colosse noir au premier plan, ni le blanc, mais toujours sur la première ligne, il est en troisième position dans l'image, l'autre noir dont on peut voir les pieds...

"Ton père était fait pour commander". C'était le chef ! Et le plus étrange, c'est que cette phrase est de Monsieur Tetekpoe, ex-proviseur du lycée du 2 février à Lomé et philosophe de formation, qui n'était autre que le supérieur hiérarchique de mon père pendant de longues années. Voyez-vous ce que je veux dire ?

Le même m'a aussi dit de lui qu'il était très sensible, d'une grande émotivité. Cependant, il ne l'aurait jamais vu verser de larmes dans la force de l'âge. Mais j'ai appris par ailleurs récemment que paraît-il, à la fin de sa vie, il pleurait beaucoup, oui il pleurait le dur que vous voyez là dans la photo.

J'avais entamé ce blog dans le but de dire les choses froidement, telles qu'elles sont à propos de mes parents. Et au fur et à mesure que j'avance, je découvre qu'en fait mon père et ma mère étaient des icebergs. Souvent, les gens passent leur temps à raconter autour d'eux des exploits fictifs. Quant à mes parents, ils ont eux une drôle d'existence et vécu des moments assez excitants pour leur époque. Rien qu'en regardant ces images, cela se voit. Mais ils n'en ont pas parlé. Comme font beaucoup de parents. C'est idiot! Je peux comprendre la pudeur, mais jusqu'à un certain point seulement. L'impossibilité de dialoguer, notamment entre les générations restent un mystère qui me fascine. Peut-être juste un problème d'emploi du temps ? Face à de jeunes enfants, les parent se disent que ce n'est pas le moment. Et quand le moment arrive, il faut déjà les laisser courir après un diplôme, un métier, une femme ou un homme, puis derrière leurs propres enfants. Donc ils laissent faire... Oui, cela doit être un problème de timing. Assez plausible, non? Du coup, on a envie d'être plus indulgent...

Toujours est-il que chez moi dans les placards, voilà ce que je trouve, de superbes photos et pas de cadavres. Alors pourquoi étaient-ils fermés ? Je comprends qu'à la fin de sa vie, on puisse pleurer beaucoup... amèrement pour ne pas en avoir dit assez sur soi, aux gens à qui il fallait parler. "A table on les voit, ils ne se parlent pas ; ou alors pour ne rien dire... Les regards se fuient. On s'efforce de s'ignorer. Ils attendent au dernier moment, sur le quai d'une gare pour dire l'essentiel, mais souvent il est trop tard quand le contrôleur siffle le départ."



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Des oiseaux



Années 70. Tonton Kadiri avec son équipe de foot. C'était un ami et collègue de mon père, que je libère aujourd'hui de la tombe qui est une prison pour les morts. Que son image aille parcourir le monde grâce à ce blog. Que son esprit vole, vole comme un oiseau. Tonton Kadiri est Anagoto ( issu de l'ethnie Nago, me semble t-il, identifiable par les sonorités présentes dans son nom )



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" Fait vécu, Fait vécu, Dagbé* "

"Saint-Jean", était le surnom de mon père. Je n'ai jamais su pourquoi et l'idée ne m'est jamais passé par la tête de demander. Il disait souvent "c'est-à-dire" - "ça à dire" plus exactement. Mais je ne me rappelle d'aucune explication lumineuse qu'il m'ait donné personnellement à moi sur quoi que ce soit. A ce niveau là, on ne peut pas dire qu'il m'ait épaté. Cependant mon père avait une qualité que je n'ai pas : apaiser les conflits sans pour autant régler le problème qui en est à l'origine. Voyez-vous ce que je veux dire? Très fort comme qualité, n'est-ce-pas ?

En revanche par l'usage courant de cette expression "c'est-à-dire", je me reconnais un peu en lui. Car souvent, j'aime expliquer ou analyser la complexité de la vie.

Et si finalement, rien n'était compliqué dans la vie, mais moi qui les expliquais inlassablement juste parce que "génétiquement", j'étais programmé pour trouver les choses compliquées d'abord, pour ensuite pouvoir m'adonner à mon dada qui est de les expliquer ? Hein!? Oui, si ça se trouve aussi, les conseils que je donne souvent seraient tout à fait inutiles. Que des conseils que je donne à moi-même... Et parfois par accident, des propos qui correspondraient aux attentes de la personne en face ? Est-ce donc par accident que je passe pour quelqu'un qui donnent de bons conseils ? C'est possible! Mais je ne peux y croire, car souvent m'a t-on dit, je tiens des propos vraiment pertinents. Voire trop pertinents quelquefois... Bon!, toujours est-il que mon père aimait dire "ça... à dire", contraction de "c'est-à-dire" et que jusqu'à preuve du contraire la génération spontanée est un mythe.

"Fait vécu" est le dernier surnom que certains - du côté de ses neveux- ont donné à mon père, ai-je appris lors de ce récent voyage. Très drôle : c'était lors d'une discussion où semble t-il, il évoquait une situation vécue qu'il n'avait apparemment jamais pu vivre. Apparemment aux yeux de ses auditeurs, mais qui sait ? Ma mère aussi m'a semblé tenir des propos récemment, relatant de faits vécus, que j'ai mis sur le compte de son début d'Alzheimer ; or voici que je découvre des photos de leur jeunesse qu'ils ne nous avaient jamais montrées et je réalise que tout ce qu'elle disait n'était pas pure invention. Ce qui me donne très envie de retourner la voir sous peu pour mieux écouter cette fois-ci.

* "Fait vécu, Fait vécu, Adieu"




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Mes secrets


Ceci est un fait vécu, raconté pour remercier ceux qui ont joué au jeu "ou suis-je ?". Les lauréats sont : Mayuko, Flo et pour le premier prix : Marco ! Tous les trois invités au togo avec moi-même comme guide.

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Lorsque j'étais enfant, ici en CM1, ma mère m'amenait à l'école et venait aussi me chercher. En arrivant à la maison, elle ne klaxonnait pas ; pour ouvrir le portail, je descendais du véhicule -une Mitsubishi : Lancer, immatriculée RT-2010-D de couleur bleue .

Mais un soir, je n'ai pas souhaité descendre. Elle a dû klaxonner comme cela arrivait des fois lorsqu'elle voulait bien me laisser jouer au petit ministre à l'arrière de la voiture. De l'autre côté de la vitre, je voyais l'Afrique, comme on la voit d'ici à travers un écran de télévision. Pour moi à l'époque, simple jeu d'enfant, j'ignorais qu'en France, aux 20 heures, on pouvait ( ce qui n'a d'ailleurs toujours pas changé) prendre au sérieux cette vision aussi simpliste que j'avais des choses. Moi, je m'amusais à jouer 5 mn au Petit Prince, c'était tout. J'y croyais pas vraiment. Mais cette fois-là, ce n'était pas pour m'amuser que je ne voulais pas descendre, chose qu'elle avait bien sentie. En effet, au moment où je montais à bord du véhicule devant mon école, j'avais dû l'alerter par une attitude louche qui l'a fait tilter. Mais elle n'avait rien dit. Pourquoi faisais-je au juste tous ces mystères ? Parce que j'étais rentré de l'école ce jour-là sans mes chaussures, voilà le problème! Pire : a/ j'étais allé à l'école en Tong ( or ces sandalettes sont pour la maison, mais pas pour sortir... (-pourquoi?) b/ ces Tong ne m'appartenaient pas, mais à Sista, une cousine qui habitait avec nous ( attention : je ne dis pas "chez nous" mais "avec nous", car elle était "chez elle aussi en étant avec nous") ; c/ et voilà que je les perds parce que pendant la récré, c'était pas pratique de courir en Tong dans le sable, donc bla, bla, bla... ( et voilà, j'avais enfin compris pourquoi les Tong, c'était pas pour les sorties, mais... trop tard!)

Ce fut la fessée de ma vie : dans mon esprit d'enfant, j'avais dû recevoir trente coups de bâton allongés sur le lit de mon père. Mais je pense aujourd'hui qu'il y en avait sans doute pas eu autant. Au fait savez-vous pourquoi j'ai été fessé ? Pas pour avoir perdu ce qui ne valait pas grand chose, ni pour avoir violé l'interdiction d'aller à l'école en Tong. Non, rien de tout cela. Alors pourquoi ? Mon père voulait enrayer chez moi un défaut que je ne nommerai pas. Sachez juste que c'est la seule fois que j'ai été fessé de ma vie et que cela a servi pour les autres fois. Mon père a préféré avoir la main lourde une bonne fois pour toute. Au lieu de passer sa vie à me répéter mollement la même chose. Mais que m'a t-il donc appris ce jour-là ? En était-il conscient lui-même? Je ne crois pas! Et bien, je vous laisse deviner... Toujours est-il que je lui en saurai gré à vie, car c'est grâce à cette chose là que mon identité personnelle s'est forgée. Je le réalise seulement depuis peu. Oui c'est ma force, car c'est une force, qu'il m'avait inoculée par cette fessée. Mais une force de quelle nature? Par cette chose reçue ce jour là, je ne ressemble à aucun membre de ma famille. A peu de gens. Mais qu'est-ce que c'était ? Cela ne se révèle pas de but en blanc. Seulement pour les intimes. Et encore..., mais pour les autres, juste un indice : je dirai que c'est par exemple cette chose qui me donne la capacité de m'arrêter pour fouiner ici comme je le fais dans la vie de mon père, réussissant presque à le faire revivre à travers des photos et des commentaires, une année après sa mort, alors qu'habituellement un homme de mon âge consacre ses énergies à un business plus lucratif et pas à ce qui ne rapporte absolument rien.


((((((((((((((((((((( Cette image est l'extrait d'une photo de classe qui n'est pas publiée dans ce blog. Dans le cadrage, ma voisine de banc à l'époque et moi. Elle est aujourd'hui pharmacienne à Lomé. J'avais perdu le contact depuis plus de 25 ans. Lors de mon passage, je suis allé la voir pour acheter des médicaments contre le paludisme et elle ne m'a pas reconnu. Je suis reparti avec mes médicaments sous les bras sans lui avoir dit qui j'étais. C'était mon premier amour dans la vie, mais cela est toujours resté un secret personnel bien gardé jusqu'à ce blog. Non pas le grand amour ; j'étais alors trop petit pour cela. Maintenant, il n'y a plus rien à cacher ...))))))))))))))))))))



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La pub-e, la pub-e, vive les Panzanni !

Jungle de panneaux publicitaires à un carrefour célèbre de Lomé. Certes l'Afrique comme disait un certain n'est pas encore assez mûres pour la démocratie. Pour la pub, apparemment ça va ! Si! si! ça va, ça va, ça vaaaaa... ( connaissez-vous la Chanson de Brel ? )






Pour raisons techniques indépendantes de ma volonté, bien des images récentes que j'ai ramenées de la-bas sont floues. Mais le flou ambiant, n'est-ce pas d'autant plus révélateur du contexte. Selon moi, l'Afrique n'est pas noire, mais floue. Et pour le meilleur comme pour le pire !



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Vive la formation continue...

Cécile, ici avant la trentaine, a été sage-femme, puis infirmière, puis assistante médicale, puis pédiatre. C'est tout? Non, elle a appris aussi l'acupuncture (médecine chinoise) dans le cadre de la coopération médicale entre la Chine et certains pays africainS dont le togo durant les années 70-80, c'est-à-dire, bien après la naissance de tous ces enfants et au moment où elle pouvait se contenter d'exercer son métier sans se casser la tête outre mesure. Aujourd'hui, elle parle comme Ninjinski et je la trouve encore plus intéressante qu'avant? Mais ça n'a pas toujours été facile entre nous.

Ici vous pouvez la reconnaître par ses chaussures. Habillée en blanc au centre de l'image et au premier plan à côté des instructeurs, elle est la seule dans le lot à avoir ses chaussures ( Cliquez pour voir les pieds )

Si j'avais connu cette image beaucoup plus tôt et su l'analyser, j'aurais peut-être mieux perçu ma mère dans le temps et sans doute que j'aurais aussi mieux saisi les propos qu'elle me tenait lors de mon dernier voyage à Lomé, où je l'ai retrouvée à 74ans avec un début d'Alzheimer.

Savez-vous le dernier diplôme qu'elle a obtenu ? Diplôme délivré par Ehud Olmert en l'an 2000... ( Celui qui le dévinera gagne un voyage au Togo avec moi comme guide.)




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" Soyez dans le flou "

Une campagne pour Moov, un opérateur qui propose des cartes téléphoniques prépayées à Lomé. J'ignore le nom de l'agence qui a réalisé cette campagne de publicité qui reprend exactement le concept de l'agence CLM BBDO pour Kookai dans les années 2000 en France. (La photo est floue, mais c'est pas grave : après tout l'objectif visé par les messages publicitaires, n'est-il pas d'embrouiller le maximum de consommateurs ? - cliquez dessus pour agrandir )

Mais pour le coup, je trouve cette campagne assez interessante en ce sens que l'on voit à l'image une femme tenant à la main un homme réduit à la dimension d'un pantin. Si cette campagne a fait figure ici en France d'une simple boutade qui faisait sourire aussi bien les hommes que les femmes dans les cocktails party chicos, le même concept transposé là-bas est cette fois-ci assez révélateur : en effet, j'estime que ce sont bien les femmes qui tiennent l'Afrique en main. Nous voilà donc en face d'une pub qui pour une fois dit la vérité, incroyable, n'est-ce pas ?

D'ailleurs ce sont les femmes qui tiennent le monde partout. Or il n'y que dans les pays en voie de developpement qu'elles en soient conscientes. Ici, travers du féminisme oblige, les femmes ignorent encore leur pouvoir sur les hommes et tentent plutôt de les égaler. Ce qui débouche sur un nivellement vers le bas. Voyez-vous ce que je veux dire ou est-ce un peu flou pour vous ?



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Flagrant délit de colonisation ou tentative de fraternisation ?


Sans doute les deux à la fois !

En train de filer de la camelote à des chefs traditionnels ? Mais Missié les Africains, puisque yé vous dis que y a bon chaussure!...

Plus sérieusement, je donnerai beaucoup pour comprendre le sens véritable de cette scène. Viendras-tu me le dire cette nuit Papa ?





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Demessi, son prénom authentique*



Avec une femme peulh ( en blanc ), ma mère en tenue africaine sans doute ici partie du Togo rejoindre mon père lors de son périple africain dans l'AOF.

* En Afrique noire, le prénom authentique est un prénom qui donne des indications sur l'appartenance ethnique d'une personne. Tandis que "le prénom européen", en l'occurence Cécile, correspond quant à lui au prénom de baptême, donc n'étant porté que par des chrétiens. Normalement.



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Arche de Noé



Je libère les oiseaux !
( Voir messages précédents pour comprendre...)



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Cécile, ma mère-ère



Ici en femme moderne des années 50-60



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Ma mère Cécile, Oncle Ohel et sa femme


Oncle Ohel est un frère aîné de mon père : ici avec sa femme sur sa gauche ( donc à droite dans l'image), mais j'y vois aussi ma mère ( celle qui sourit avec ses dents!), donc la femme ou à l'époque la future de son petit frère, mon père, mais pas mon père lui-même sur la photo. Tout porte à croire que cette photo a été prise par un photographe. Donc pas par mon père. Ce qui expliquerait son absence à l'image. Où donc est-il passé à ce moment là me suis-je longuement demandé ? Puis un jour, j'ai compris que cette photo date de l'époque où mon père était à l'étranger. Il était donc le destinataire de cette photo. Et la présence de ma mère aux côtés de son frère ainé pour lui dire que sa famille prenait bien soin de sa promise. Tout est devenu limpide d'un coup.



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Etrange trio




Tout de même étonnantes ces photos en grand nombre que j'ai retrouvées et où l'on les voit à trois : mon père et ma mère, en compagnie d'une troisième personne. Qui en l'occurrence m'est inconnue : il s'agit du premier en partant de la gauche. Voyez-vous vous aussi ce qui est étrange là-dedans ou pas tout à fait?




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Vis-à-vis ...




La maison en face vue du premier étage de chez moi. Malheureusement cette photo et la suivante font toutes deux partie de la série "photos ratées". C'est donc une invitation lancée aux amis à venir visiter le Togo, s'ils tiennent absolument à voir ce paysage en net et plus coloré.

Vis-à-vis



La maison à Tokoin Cébévito, vue de chez les parents de Sylvianne d'Almeida




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L'homme cet inconnu


Mon père est décédé à l'âge de 80 ans. Vivant à l'étranger depuis ma jeunesse, je ne l'ai côtoyé qu'à peine pendant une 20aine d'années, entre grosso modo... quand il avait entre 40 et 60 ans. Et encore... : faut dire que durant mes dix premières années, je ne peux pas vraiment dire que je l'ai connu étant trop petit. Et les dix autres années, les études et la puberté m'ont-ils laissé le temps de le connaître ? Je ne crois pas non plus. faut dire ce qui est : je ne connais pas mon père. Car 10 ans sur 80 années au total, est-ce cela connaître quelqu'un ?

Cela dit, je dois reconnaître que connaître une personne, ce n'est pas une question de durée de "juxtaposition" avec cette personne dans le même espace-temps. C'est un désir de rencontre qui rend cela possible. la preuve : aujourd'hui, rien qu'en revisitant son passé, il me semble que je partage avec lui des moments de tendresse réelle, mais inexistants de son vivant. Je lui ai reproché tellement de choses que je lui pardonne grâce à ces photos. Car comprendre, c'est pardonner... A mon avis, l'intelligence est avant tout un outil de réconciliation.








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Son sourire



Je ne l'ai jamais vu rire ainsi. J'aime cette photo de mon père, où le voit sourire comme un diablotin! _avec la blancheur des dents renforcées par un contraste très soutenu au tirage. J'ignore qui est la femme à côté de lui. peut-être "l'indienne noire ? ( dont je parlerai plus bas ou dont j'ai parlé plus haut, suivant le sens du fleuve pour vous )




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Navire en partance...


Mon père au milieu avec son frère aîné, Oncle Ohel sur sa gauche ( à droite dans l'image ) La scène se passe où ? Je l'ignore. A Dakar ou à Lomé, peut-être. Je sais qu'il a beaucoup voyagé en Afrique, mais les moyens de déplacement de l'époque : bateau ou route ? Je l'ignore. Cette photo ne nous en dit pas plus. Scène de départ sans doute, les arrivées n'étant pas fréquemment prises en photo ; on n'est plus fatigué par le voyage et moins beau. Ce qui n'est pas le cas ici! Donc deux frères qui se disaient au revoir ?



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L'identité dans le mouvement


Avez-vous remarqué la pose de mon père, au premier plan ? C'est tout ce qui reste à voir sur cette image. A peine voit-on le visage, mais c'est bien lui : reconnaissable par le geste.




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C'était une habitude




Quelqu'un m'a dit que s'ils étaient à chaque fois si nombreux et à la fois si figés sur les photos, c'étaient pour économiser la pellicule. Tout le monde profitant de l'occasion d'une prise de vue pour apparaître sur la photo et chacun évitant de bouger pour ne pas gaspiller la pellicule. Curieux, n'est-ce pas comme explication d'un autre mode de vie que nous n'avons pas aujourd'hui ? En tout cas cette photo prouve le contraire : scène de vie quotidienne, ma mère ne prend visiblement pas la pose tandis que la seconde femme a carrément le dos tourné à la caméra.



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Buveur de Perrier ?



Avez-vous remarqué la quantité de bouteille de Perrier amassées devant mon père (assis à côté de l'homme qui a la cigarette au bec) ? A t-il bu tout ça, lui tout seul ? Contrairement à son habitude, on ne le voit pas sourire beaucoup. faut croire que le Perrier ne lui réussit pas beaucoup.



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Ils buvaient quoi déjà ?



Non, j'y crois pas ! Du jus d'ananas ? Ma mère et mon père buvant du jus d'ananas derrière leurs verres fumés... Boires des sucreries à cet âge ?



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Photo ratée



Scène de la circulation à un célèbre carrefour de Lomé. Certes l'image est floue, mais n'est-ce pas cela même, la caractéristique principale de la situation que j'ai tenté de photographier ?



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Adjoa Tassigan



Quand on regarde les gens dans les yeux, cela les fait vivre. Même quand ils sont déjà morts depuis fort longtemps! Et si possible les appeler par leur nom à haute-voix, c'est encore mieux.



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Et voilà un oiseau hors de sa cage


Depuis que j'ai commencé cet album, certains membres de ma famille avec lesquels je n'ai eu spécialement aucune relation particulière, voire certaines personnes que je ne connaissais même pas ( n'étant que de simples relations amicales de mes parents, et non des membres de ma famille ) me réveillent parfois la nuit pour me supplier de les mettre en ligne. Faut croire qu'un album photo classique, c'est pas très drôle pour les morts qui sont enfermés dedans. Je vais donc libérer autant que faire se peut d'oiseaux...



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Son prénom, c'était Noël !

Ici mon père, la trentaine en scooter.

Près de la soixantaine, mon père s'est lui aussi mis à circuler à Lomé sur la petite mobylette de la maison qui servait chez nous pour les courses. C'était de la concurrence déloyale, car il fallait savoir s'il comptait s'en servir ou non avant de l'utiliser. C'était une chose assez surprenante à l'époque pour un homme comme lui que j'avais toujours vu se déplacer en voiture. A ce moment là, j'ignorais tout de l'existence de cette photo et du scooter qu'il avait eu dans sa jeunesse. Peut-être a t-il cherché à revivre à soixante ans des sensations de liberté qu'il avait connues à trente.






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Les débuts dans la vie



Fiançailles de mes parents à l'étranger, Dakar au Sénégal.



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Tonton Etué


Son prénom était Victor et son surnom était "Et tué" ou "Etué" ( ne sais comment l'écrire et pour cause ), j'ignorais ce à quoi cela faisait référence. J'entendais mon père appeler cet oncle paternel ainsi. D'où Tonton Etué comme nous l'appelions.

En regardant ces images d'époque, je commence à deviner pourquoi nos ascendants nous cachent souvent leur jeunesse. Oui, à ce propos, il me vient une première explication. Je vais extrapoler en parlant des parents en général et ne me limiterai donc pas qu'aux miens en particulier.

Je ne pense pas comme certains me disent, que c'est parce qu'ils ne faisaient que vivre leur vie, qu'ils n'ont pas pu avoir le temps de s'arrêter parfois comme des spectateurs pour se laisser aller à des commentaires sur leur propre passé face à leurs enfants. Il y a bien une autre raison, qui n'est pas si tragique que cela à mon avis sur ces cachotteries sur leur passé : jeunes, ils étaient beaux, alors pourquoi ne nous ont-ils pas montré au moins leurs photos ? Par pudeur? Je ne crois pas. Jeunes, ils étaient beaux et c... à la fois! ( ou se devaient se sentir comme tel, comme disait la chanson de Brel ) Du coup, ces photos que je regarde moi, aujourd'hui en me disant, combien qu'ils étaient beaux, eux, en les voyant je suis certain qu'ils se seraient dit, combien qu'ils étaient c... Comment montrer à ses enfants des photos sur lesquelles on ne se trouve pas parfait ? En effet, celui qui se regarde lui-même en image, ne voit jamais tout à fait la même chose que celui qui n'est qu'un spectateur. D'où cette tendance à mon avis qu'ils ont les parents, tous, à ne pas vouloir trop s'attarder sur leur passé. Se reprochant sans doute de ne pas avoir été assez parfait durant leur jeunesse ... Explication tout à fait plausible, n'est-ce pas ? Plus d'indulgence vis-à-vis d'eux, n'est ce pas du coup ce qu'il faudrait ?



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Il y a un avant et un après



Tout porte à croire que les parents en général - et les miens en particulier- ne mobilisent pas les mêmes muscles faciaux avant puis après la naissance de leurs enfants. C'est pas une question d'âge, mais de muscle ! On dirait qu'ils cessent à un moment donné de ressembler à eux-même ( ou à ce à quoi ils ressemblaient quand ils étaient jeunes ) pour endosser leur nouveau rôle de parents... avec la nouvelle configuration des muscles du visage, qui va avec. Observez bien cette image et s'il le faut cliquez dessus pour l'agrandir, puis passer immédiatement au message blog précédant pour voir la transformation entre avant et après l'arrivée des premiers enfants chez mes parents.

Avant



Vous percevez la différence? Subtile, mais bien là. Les mêmes beaucoup plus jeunes, avant la naissance de leurs premiers enfants. Ici ma mère au milieu et mon père sur sa gauche ( avec la raie dans les cheveux.) Devenir adulte, une simple affaire des muscles du visage ? J'y crois pas, mais beaucoup s'en tiennent à la posture! Les adultes feraient-ils alors tous "semblant"? Encore une fois, je précise : je ne parle pas de la transformation liée à l'âge, mais de la mobilisation des muscles.

Pourquoi va t-on parfois chercher chez les psy ou ailleurs, les explications qui figurent dans les anciens albums photos de famille, que l'on abandonne à la poussière..., livrés au même sort que celui que l'on réserve habituellement à la Bible ?



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Derrière Gerald, le Zémidjan de la famille



Gérald est un proche cousin. Fils d'un oncle paternel qui était Pasteur, il est électricien de formation, mais il fait aujourd'hui "Zémidjan" à Lomé. Zémidjan est un mot fon, désignant une pratique nouvellement répandue au Togo - qui vient du Bénin où l'on parle justement le fon - à savoir le taxi à deux roues !

Est-ce l'Afrique qui va mal ou moi qui vois flou ? Toujours est-il que cette photo n'est pas une image ratée! C'est bien cela que l'on voit quand on est assis derrière un fils de pasteur, qui fait Zémidjan pour vivre. Voyez-vous ce que je veux dire? Bon ok, l'appareil photo numérique que j'utilisais pour ces prises de vue n'est pas un dernier cri? mais un fils de pasteur ? Tout de même! Et en plus un gars vraiment correct je vous dis, subissant juste le contrecoup du décès prématuré de son père ( mort quand il avait à peine 4 ans). Car c'est c'est certain que si son père avait été vivant, il ne serait pas Zémidjan avec un diplôme d'électricien en poche.

(Je mélange plein de choses ici : les défaillances de l'Afrique ou de la famille à l'égard de certains de ces enfants qui sont braves... et l'image floue à propos de laquelle, je vous invite à lire ma petite théorie en amont...)



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Mystère et boule de gomme !



Mon père ici avec Félix Houphouet Boigny, légendaire président de la Cote d'Ivoire et père de l'indépendance de l'Afrique Noire. Et sans doute à l'époque occupait-il déjà des hautes fonctions. J'ignore ce qu'ils fabriquaient ici ensemble. Apparemment, ce n'était pas des potes qui se tapaient sur l'épaule, mais tout de même, pourquoi ne nous a t-il jamais raconté cet événement de sa vie. Par pudeur ? Cette photo est d'autant plus étonnante que la scène ne se déroule pas en Côte d'Ivoire ni au Togo, mais à Bamako au Mali, d'après les seules informations dont je dispose. Véritable zone d'ombre dans le parcours de mon père.





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L'indienne noire, encore une zone d'ombre paternelle



J'ignore qui était cette femme.

Après avoir quitté la police, mon père a bourlingué dans différents pays de l'AOF ( Afrique Occidentale Française ) avant de s'établir à Dakar au Sénégal, là où l'avait rejoint ma mère. J'y suis né ainsi que tous mes frères aînés à l'exception des deux premiers. Ma famille a vécu au Sénégal pendant une 15aine d'années à mon avis. Cette "indienne noire" est peut-être une femme rencontrée lors de son périple ? Toujours est-il que vue la jeunesse de ma mère sur certaines photos, mon père et ma mère se connaissaient déjà bien avant son départ du Togo. Ce qui n'a pas dû empêcher ce séducteur de nouer d'autres liens en cours de route.

Mais cette femme qui me donne si fortement l'impression d'être une étrangère, n'est peut-être pas comme je le laisse supposer une conquête de mon père, mais seulement une tante dont j'ignorais l'existance. Qui sait?



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"Syl'Créa" ou le foutoir organisé



Chez Sylvianne, voisine et amie d'enfance, devenue couturière de la jet set à Lomé.
Vous ne pouvez pas imaginer combien les africains qu'on dit "pauvres" dépensent de l'argent pour des "one shot", des vêtements si exceptionnels qu'on ne peut les porter qu'une fois.



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Tonton l'autobus



Gerry et sa petite soeur, les enfants de Sylvianne d'Almeida.
Ce petit garçon m'a baptisé "Tonton l'autobus" Etrange, n'est-ce pas ?

Ce surnom vient compléter une liste déjà très longue de variantes de mon prénom ( telles que Parapus, Paps, Paplos, Lipus et que sais-je encore!) Pure invention de ma mère, mon prénom reste imprononçable pour la plupart des gens dans mon pays. Pas vraiment difficile à prononcer, mais plutôt rare. Or en France aussi mon prénom produit ce même effet de venu d'ailleurs. Ce qui fait de moi un étranger aussi bien là-bas qu'ici.




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Mon Oncle Ohel



Tonton Ohel à 30 ans, le frère ainé de mon père. Ce dernier a tenté d'imiter son élégance, mais tonton Ohel s'est avéré inimitable!
Remarquez au passage que s'il a offert cette photo à son petit frère, c'est qu'ils devaient bien s'entendre... Donc deux frères qui s'appréciaient sans doute!

Tonton Oh Well !




Une photo de Tonton Ohel, tel que je l'ai connu !

Tonton Ohel



Tout comme ma tante Madjé, je n'ai jamais vu la moindre trace de colère sur le visage de mon oncle Ohel, grand frère de mon père. Toujours le sourire au coin des lèvres ; il ne souriait pas avec ses dents, mais avec les joues! Sacré personnage tout de même qui me laisse un goût de mystère... Pas le moindre souvenir d'une seule discussion avec lui. Pourtant son sourire est intact et demeure présent à ma mémoire, mais pas sa voix. Pourquoi on parle si peu dans certaines familles ?




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combien ça coûte ?




Cette maison est située dans une rue de Lomé dans laquelle j'étais passé de nombreuses fois quand j'étais enfant. Mais je ne l'avais jamais remarquée. Maintenant que je suis un homme, il est trop tard ! Jusqu'ici, je ne voyais pas l'utilité d'être milliardaire un jour, mais en voyant cette maison, il me vient comme un rêve de gosse l'envie de...





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pim pim poum poum... à tire-larigot

La cacophonie tout comme le flou sont insupportables tous les deux. la première est insupportable aux oreilles tandis que le second l'est aux yeux. Mais très vite l'esprit humain s'habitue à la cacophonie. Deux jours à peine après mon arrivée en Afrique, le tintamare de la circualtion ne m'agressait plus.






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le fiasco


A Noël, il y a plus d'une dizaine d'années - j'habitais à l'époque Strasbourg - j'avais été invité pour les fêtes dans une famille.

Pour l'occasion, j'avais emprunté un appareil photo, un vrai ( les appareils numériques étant très rares à l'époque ), un appareil dont je ne savais pas bien me servir. J'avais multiplié les prises tous azimuts. A ma grande stupeur, je me suis aperçu au tirage qu'aucune photo, absolument aucune, n'avait été réussie. Mauvais cadrage, gros plan inapproprié, scène tronquée, détails inintéressants, tout y passe en matière de ratage de photo et surtout le flou!

Revenu quelques mois plus tard dans la même famille lors des vacances suivantes, j'ai dû montrer les photos qui n'ont pas manqué de susciter quelques moqueries.

Mais aujourd'hui en observant l'évolution des choses et des gens au sein de cette famille, je repense à tout cela, je me dis que ces photos ratées avait en fait été toutes réussies. Oui, j'avais réussi à prendre en photo les germes du fiasco. J'avais photographié tout ce qui n'allait pas bien dans cette famille, tout ce qui était faussé et qui, jusqu'alors caché, ne se révèle qu'aujourd'hui de manière évidente.

Du coup, je me méfie des appareils photos, et principalement des photos qui semblent à priori ratées ou floues. Je ne rate jamais une photo. je prends toujours ce qui est, que cela se voit ou non. Jamais de photos ratées, mais seulement la photographie du ratage intrinsèque à la situation que je photographie. Et ce n'est même pas moi qui décide de cela. D'où parfois ces images colorées et floues que j'ai ramenées de l'Afrique lors de mon dernier voyage, symptomatiques de la situation là-bas ! Mais il y a aussi des photos réussies, c'est selon !

Voyez-vous ce que je veux dire ?




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hum...



Ma mère n'a pas dû être une femme facile à gérer pour un homme. Plein de mecs ont du s'en prendre plein la gueule. Sans doute y compris ceux qui la méritaient pourtant! En regardant cette photo, je comprends pourquoi à mon tour, les filles - les deux - dont je suis tombé sincèrement amoureux dans ma vie sont si casse-pieds... Sur moi, la revanche du passé ? J'espère que non, ce serait trop bête si c'était cela l'explication !

Cici ou Sissi ?



Ma mère s'appelle Cecile. Mon père l'appelait par un dimunitif, mais je n'ai jamais su comment écrire le diminutif de son prénom. Je préfère Cécile !

qui c'est ?



c'est elle ! Oui, c'est elle ma maman. Attention, ne pensez pas qu'en la montrant ainsi, je cherche à la sacraliser. Tant pis pour ceux qui sacralisent leurs parents. A mon avis, il ne faut jamais le faire, même s'ils sont admirables, sinon on ne se sort jamais de l'auberge! Voyez-vous ce que je veux dire? Je la montre et la remontre..., je montre toutes ces photos de ma famille, car elles nous avaient été cachées, je ne sais pourquoi... C'est à l'occasion de ce voyage que j'ai découvert la plupart d'entre elles en fouillant dans les affaires de mon père.Parce qu'elles n'ont pas été assez vues durant mon enfance, je les montre car cette façon qu'ont les gens de cesser d'être eux-même pour se mettre à jouer uniquement aux "parents" qu'ils sont devenus à partir d'un certain moment de leur vie m'est insupportable. Je les montre, fussiez-vous des imbéciles qui n'y comprennent rien, même à vous je les montre quand même.

dulcinea




Ce qui me fait penser que ma mère devait être en train de chanter sur cette photo, c'est qu'au verso, il est marqué : " Patronne des musiciens, il ne te manque que le micro et la guitare ou un piano... " signé Richard Dogbeh, lui-même écrivain et guitariste de son état mais aussi fervent admirateur de ma mère qui était sa cousine. Les grands-parents ont dû mettre le hola, car chez nous on ne se marie pas entre cousins...
Dixit le grand fils de mon oncle Richard qui m'a tout raconté lors de mon dernier séjour la-bas.

Avec Marie-Prudence et Cecile

Un blog est par définition antichronologique. mais quand il traite d'un voyage récemment effectué dans le passé, je ne vous dis pas combien c'est compliqué de s'y retrouver. Alors accrochez-vous.







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grand-père et tassi madjé

Au milieu mon grand-père Josiah SANVEE et sur sa droite (donc à sa gauche dans l'image), ma tante préférée de la famille, toutes catégories confondues. Elle s'appellait Tassi Madjé. "Tassi" = tante paternelle et "Madjé" qui était son prénom peut être traduit par "allégresse" en français. Sur la photo, les autres personnages restent inconnus au bataillon. Paix à leur âme.Il faut remarquer qu'il s'agissait là d'un voyage de mon grand-père hors du Togo à Porto-Novo, ville du Bénin, qui devait s'appeler à l'époque Dahomey.







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le tobogan

avec Marie-Prudence, ma nièce, fille de mon frêre Marie-José. (Vous remarquerez que le commentaire ne correspond pas toujours exactement à la photo. c'est fait exprès. Allez savoir pourquoi je suis tordu. Sans doute la faute à ma mère!)






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